Le triangle de Karpman : Victime, Sauveur, Persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

Le triangle de Karpman ?  Mais de quoi s’agit-il ?

La plupart du temps, lorsque nous communiquons avec les personnes de notre entourage, nous jouons un film ou une pièce de théâtre. Nous n’établissons pas une « véritable » communication.

C’est ainsi qu’au lieu d’échanger sur une base de faits concrets, d’émotions et de ressentis dans une communication vraie et respectueuse de l’autre, nous avons tendance à communiquer en nous cachant derrière des jeux de rôles.

Pourquoi en est-il ainsi ? Tout simplement parce que nous voulons inconsciemment obtenir quelque chose des autres…

Le triangle de Karpman : Victime, sauveteur, persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

Avant de présenter les bases du Triangle de Karpmann, il est d’abord utile de souligner qu’il s’inscrit dans la « famille » de la théorie des « Jeux de manipulation »  en Analyse Transactionnelle.

Non seulement le Triangle Karpmann met en scène trois rôles, mais il stipule que des acteurs peuvent non seulement régulièrement changer de rôles, mais encore plus surprenant, ils peuvent en assumer plusieurs à la fois.

Ces jeux psychologiques sont inconscients, épuisants et destructeurs. Mais surtout, ils sont le terrain de jeu privilégié des manipulateurs et des personnes toxiques !

Il convient donc d’être vigilant

Ne pas jouer soi-même et sans le savoir un des 3 rôles, cette tendance nous vient de notre éducation selon les jeux auxquels nos parents se livraient devant nous.

Ne pas se laisser entrainer dans un jeu de rôle par la volonté d’une personne toxique ou manipulatrice.

Être capable de sortir du triangle de karpman au plus vite et rétablir une communication « vraie ».

Le triangle de Karpman : Victime, sauveteur, persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

Il est intéressant de noter la position supérieure des rôles de Persécuteur et de Sauveteur, rappelant leur pouvoir ou domination apparente sur la Victime.

Attentin de ne pas se tromper, la position basse est la plus forte, c’est la Victime qui mène le Jeu. Sans Victime en effet, les deux autres rôles ou acteurs n’ont aucune de raison de se rencontrer. Ils perdent véritablement leur sens. Le rôle de la Victime, c’est le rôle du maître du Jeu.

Chacun des trois acteurs trouvera une réponse à ses propres attentes en jouant son rôle.

Ces rôles peuvent être mis en relation avec ce qu’Eric Berne appelle les « quatre mythes »

  1. J’ai le pouvoir de rendre les autres heureux (Sauveteur en recherche d’une Victime)
  2. Les autres ont le pouvoir de me rendre heureux (Victime en attente d’un Sauveteur)
  3. J’ai le pouvoir de rendre les autres malheureux (Persécuteur en attente d’une Victime)
  4. Les autres ont le pouvoir de me rendre malheureux (Victime en attente d’un Persécuteur).

Le triangle de Karpman offrirait donc à chacun une sorte de solution de nature à combler ses besoins ou attentes.

Quel rôle adoptez-vous habituellement dans le triangle de Karpman ?

  • Celle ou celui qui veut contrôler et qui sait ce qui est bon pour l’autre… ?
  • Celle ou celui qui vient en « aide aux autres » ?
  • Ou la victime qui subit les choses, se sent persécutée ?

Comme pour tout le monde, il y a un rôle que vous jouez habituellement sans vous en rendre compte.

Lequel ? Êtes-vous plutôt bourreau, victime ou sauveur ?

 

Le rôle de la Victime :

On peut bien entendu se demander quel bénéfice la Victime tire du fait d’être persécutée, toutefois, il y en a:

  • La Victime attire l’attention sur elle, et en particulier l’attention du Sauveur. Pour des personnes ayant des problèmes de manque affectif, c’est donc la situation idéale pour recevoir de la compassion, de la protection et de l’attention.
  • La Victime peut se plaindre. Comme elle est la Victime, elle se sent dans son droit pour se plaindre, ce qui lui fait du bien d’extérioriser ses plaintes.
  • La Victime ne veut pas reconnaître ses responsabilités, et n’a pas à faire l’effort de changer. Comme elle est la Victime, tout le mal est dû au Persécuteur, et bien sûr cela lui donne l’image d’une personne irréprochable.

Le triangle de Karpman : Victime, sauveteur, persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

Ses phrases favorites sont :

  • « Je fais tout bien et il me fait sans cesse des reproches. »
  • « Je ne vois pas comment le satisfaire, il n’est jamais content de toute façon. « 
  • « Je n’ai jamais de chance, pour vous c’est plus facile. »
  • « Tu ne viens jamais me voir. »

Comme vous pouvez le voir, ce sont principalement des phrases négatives et généralisatrices.

Tout cela fait que la Victime n’a pas vraiment envie que la situation change, elle se sent à l’aise dans son rôle car si la situation s’arrangeait, elle n’aurait plus l’attention dont elle bénéficie, plus d’excuses pour justifier ses problèmes, et ne pourrait plus cacher sa paresse d’assumer ses responsabilités.

Mais le problème si vous jouez la victime est que d’une part, vous allez entrainer l’autre dans le rôle de sauveur ou de persécuteur et d’autre part, vous allez « attirer vers vous » des sauveurs et des persécuteurs (donc des manipulateurs !).

Ne sommes-nous pas tous un peu la victime de quelqu’un, ce père trop exigeant, cette administration qui ne veut rien entendre, ces personnes qui nous manquent de respect, ce collègue qui ne fait pas sa part de boulot, ce patron trop sévère, …

Lorsque nous sommes face à une difficulté, ou que nous devons assumer un mauvais choix, trouver un coupable est plus aisé que de se remettre en question.

La victime ne cherchera pas réellement à sortir de son rôle, car elle reçoit attention, aide ou l’assistance et se sent aimée.

Le sauveteur aidera la victime mais sans vraiment la rendre autonome.  Dans son rôle, il sera apprécié, reconnu,  voir aimé.

Chacun garde son rôle dans ce jeu de dupes tout en tirant profit des bénéfices secondaires qui en découlent.

La « victime » attirera l’attention sur elle, et en particulier celle du sauveteur.  Se plaindre est en réalité la présentation d’une demande cachée, un moyen pour que l’on s’occupe d’elle.

C’est donc une bonne excuse pour ne pas reconnaître ses responsabilités, et ne pas modifier ses habitudes.  A quoi bon essayer de changer, vu que tous les problèmes viennent des autres ?

En fait, la victime n’a pas toujours envie que la situation s’arrange, même si elle souffre ! Que ferait-elle si on ne s’occupait plus d’elle ?

Vous venez de prendre conscience que vous jouez parfois ce rôle de victime ?  Ne le renforcez pas par la culpabilité ! Nous vivons dans une société qui alimente la victimisation en déresponsabilisant les gens et en alimentant l’assistanat.  Plus une personne est autonome, plus l’indépendance et la liberté deviennent ses moteurs.  L’aider sans favoriser son autonomie, c’est au contraire la réduire au silence.

N’espérez pas que les autres agissent à votre place, vous risquez d’attendre longtemps ! 

Cessez de croire en la transformation de votre environnement, que les autres vont changer. Le changement commence par vous.  Certes, il faudra prendre certains risques, entre autres ceux des confrontations et du positionnement.

Mais si ce rôle de victime vous dérange dans votre épanouissement personnel, peut-être serait-il temps de commencer à examiner les possibilités pour vous prendre en main ?

Nous ne prétendons pas que le chemin est facile.  Il prend souvent du temps, comme toute véritable transformation.  Ici, le passage de la victimisation à la responsabilisation et à l’autonomie.

Concrètement, il faudra agir, faire preuve de patience et de persévérance.  Mais les bénéfices qui vous attendent n’en valent-ils pas la chandelle ?

Et pour faciliter ce chemin vers plus de liberté, tout en étant rassuré et en prenant du plaisir, le coaching est un véritable atout.   Reposant sur l’autonomie de la personne accompagnée, c’est le moyen le plus direct pour obtenir des résultats durables.

Le rôle du Persécuteur :

Vous vous sentez « un peu » dans cette catégorie ? Parfois « critiqueur » ou « persécuteur » ? Il serait intéressant de vérifier ce que cela réveille chez vous :

  • Notamment, les reproches faits à l’autre, que réveillent-ils chez vous ?
  • Qu’est-ce qui n’a pas (encore) été solutionné dans votre vie ?
  • Qu’est-ce que vous autorisez ou, au contraire, vous interdisez ?

Le triangle de Karpman : Victime, sauveteur, persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

Ses phrases favorites sont:

  • « Tu ne fais rien comme il faut »
  • « Je te le dis tout le temps »
  • « Tu n’arrêtes jamais de » …

Le Persécuteur tire son intérêt en libérant ses pulsions agressives sur quelqu’un d’autre, la Victime. Il le fait souvent pour obtenir quelque chose en retour, c’est à dire s’imposer sur la Victime de manière violente et à son propre bénéfice.

C’est d’ailleurs souvent un Sauveur déçu qui, ne sachant plus comment s’y prendre, emploie la manière forte, ou bien encore une Victime qui a décidé de se protéger et se venger.

Il établit les règles, décide, dirige et corrige à la moindre erreur. Il ne pardonne pas le plus petit écart et n’hésite pas alors à tenir des propos dévalorisants, voire humiliants, à faire des critiques destructrices, à mettre son interlocuteur en position d’infériorité, à faire culpabiliser. Toutefois ce n’est qu’un rôle et en vérité il cache une personne pétrifiée de peur face aux relations et qui cherche à se défendre d’un ennemi imaginaire.

Le Persécuteur, tout comme les autres protagonistes, ne reste pas toujours le Persécuteur. Les rôles peuvent être redistribués lors des fameux « coups de théâtre » lorsque la situation qui devient intenable pour l’un des protagonistes, lui fait alors changer de rôle et change par là-même celui des autres.

Par exemple : Un Sauveur fatigué de ne pas voir la Victime agir, deviendra Persécuteur. Ou bien la Victime fatiguée de voir le Sauveur tout décider, choisira d’être Persécuteur. Le Persécuteur adapte ensuite son rôle en fonction de ce changement, si le Sauveur devient Persécuteur, le Persécuteur deviendra Sauveur, ou si le Sauveur est rejeté par la Victime il deviendra Victime lui-même et la Victime, Persécuteur.

Vous adoptez ce rôle car vous avez compris d’une part que cela vous fait du bien de vous libérer de votre agressivité et d’autre part, pour obtenir ce que vous voulez car vous savez avec l’expérience que les autres cèdent plus facilement devant votre comportement excessif.

Les manipulateurs persécuteurs jouent merveilleusement bien ce rôle, mais en réalité, ils portent un masque et derrière leur masque et leur allure de personnes sûres d’elles, ces personnes ont en réalité une très faible estime d’elles-mêmes au point qu’elles se sentent obligées de dénigrer leur entourage pour grandir leur estime personnelle.

Souvent les personnes qui ont une tendance de persécuteurs ont eu beaucoup de frustrations dans leur enfance et essaient de le faire payer (inconsciemment) aux autres.

Ainsi, tout Persécuteur qui se respecte se sent Victime. Pour elle, sa persécution ou éventuelle violence est totalement justifiée par un ancien vécu de Victime, ayant subi une injustice ou autre trahison. De même, un bon Sauveteur oublie souvent ses propres besoins et s’identifie intensément à « sa » Victime, quelquefois pour l’avoir été dans son passé.

Le persécuteur est prisonnier de son propre contrôle !

Il pourrait être intéressant de s’interroger sur vos réels choix de vie.

Par exemple se poser ces quelques questions sur votre perfectionnisme :

  • « En quoi est-ce important pour vous d’être parfait(e) ? »
  • « La perfection existe-t-elle et à quel prix ? »
  • « Que se passerait-il si vous n’étiez pas parfait(e) ? »

Sortir du triangle de Karpman, pour un persécuteur, passe souvent par le lâcher-prise.

 

Le rôle du Sauveur:

L’intérêt du Sauveur est bien plus évident, car devenir Sauveur c’est tenir un rôle plutôt gratifiant. Il permet d’avoir une bonne image de Soi, et aussi une bonne image auprès des autres. Mais ce n’est pas tout, car cela lui apporte de la satisfaction que quelqu’un lui fasse confiance et il se réjouit d’avoir quelqu’un dépendant de lui, et donc d’avoir du contrôle sur lui.

Et c’est là tout le problème, le Sauveur place la Victime en incapacité : pour lui, la Victime ne pourrait pas s’en sortir sans sa présence. Le Sauveur est bien souvent une ancienne Victime d’un autre Jeu qui ressent du mal-être en voyant la même situation se produire chez autrui, ce qui le pousse à agir même quand on ne lui a rien demandé.

Le triangle de Karpman : Victime, sauveteur, persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

Ses phrases favorites sont:

  • « Je suis occupé mais je vais t’aider »
  • « J’ai fait ça pour toi »
  • « Laisse-moi m’en occuper »
  • « Je vais régler ça ».

Le Sauveur n’a donc ainsi pas plus d’intérêt à ce que la situation s’arrange, car tout comme la Victime, si le problème prend fin, il n’a plus de raison d’exister et la personne qui jouerait ce rôle perdrait ainsi tous ses avantages.

Il est à différencier des « sauveteurs » : pompiers, secouristes… qui eux passent à l’action et corrigent la situation en ne faisant pas semblant d’essayer comme le fait le Sauveur.

Enfin, pour que le Sauveur puisse perdurer, il a besoin d’une Victime mais aussi d’un Persécuteur pour justifier son existence.

Vous allez voler au secours de tous ceux qui semblent avoir besoin d’être aidés et notamment toutes les personnes plaintives (victimes éternelles).

L’avantage est que vous allez avoir une bonne image de vous-même mais l’inconvénient auquel vous serez confronté est triple :

      • Vous allez tomber dans le piège des gens plaintifs et des victimes éternelles.
    • Vous allez vous épuiser à vouloir aider ces personnes « victimes » qui n’ont en réalité aucune envie que vous les aidiez ! Elles veulent juste se plaindre et pour la plupart, RESTER dans leur rôle de victime

Lorsque vous aurez compris que ces victimes ne veulent pas assumer leurs responsabilités, vous leur en voudrez d’avoir abusé de votre temps et votre énergie et… vous deviendrez leur persécuteur !

Son obsession est de vous aider… sans même demander si vous avez besoin d’aide !

Il vous cajole, vous donne de bons conseils (les siens), vous réconforte, fait même les choses à votre place… au point de devenir parfois envahissant et d’être perçu alors comme un persécuteur.

Si la victime se plaint de l’intervention inopinée du sauveteur celui-ci rumine ce type de phrase : « Après tout ce que j’ai fait pour toi… »

Dans ce triangle infernal, le rôle de sauveteur est parfois une fuite.  S’occuper des problèmes d’autrui est parfois le moyen de ne pas s’occuper des siens.  L’intervention du sauveteur n’est-elle pas, parfois, une façon de nier ses propres besoins ?

 

Questions à vous poser si vous avez une tendance à jouer les sauveteurs :

  • « En quoi est-ce important pour moi de vouloir à tout prix sauver l’autre ? »
  • « Que se passerait-il si je ne le faisais pas ? »
  • « Qu’est-ce qui me fait peur à mon bout de la relation (voir les trois composantes de la communication ajouter lien) pour vouloir absolument  m’occuper des autres ?
  • « Est-ce le seul moyen que j’ai trouvé pour nourrir mon égo ? »

Comment sortir de ce rôle de sauveteur ?

  • Commencer par demander si l’autre souhaite être aidé.
  • Cette aide devra être cadrée dans son contenu et dans le temps.
  • Elle devra avoir une contrepartie pour éviter à l’autre d’être en dette…
  • L’aide doit permettre à la personne aidée de faire sa part du chemin (il faudra    qu’elle se responsabilise)
  • L’aide doit permettre à la personne d’aller vers son autonomie

Rappelez-vous le dicton : « Ne lui donnez pas du poisson, apprenez-lui plutôt à pêcher ! »

 

Le triangle dramatique au travail

Dans le cadre professionnel, les relations s’inscrivent fréquemment dans ce triangle et peuvent se compliquer par le jeu des positions hiérarchiques. Il n’est pas rare qu’un supérieur soit étiqueté « persécuteur ».  Toutefois, rappelez-vous que sans victime, il ne peut jouer son rôle.  Et c’est bien souvent la personne qui paraît la plus « faible » qui sera choisie.

pas content

Pour illustrer la complexité des interactions lors d’un Jeu de manipulation, prenons le Jeu de  » Oui, Mais « , connu par tous :

Attention, toutes les demandes d’aide ne sont pas des amorces de  » Oui, Mais « , mais s’il y a amorce de Jeu, cette demande peut provenir d’un rôle de Victime qui cherche un Sauveteur.

Une personne entame une interaction avec une autre en demandant de l’aide pour, par exemple, résoudre un problème.

– « Comment puis-je faire pour avoir de meilleurs résultats dans mon secteur? ».

Si l’interlocuteur plonge, car il faut être deux pour jouer, il donnera une option en guise d’aide, par exemple :

– « A mon avis, il faut peut-être commencer par resserrer tous tes budgets ».

Notez que cette réponse, comme n’importe quelle autre dans une situation analogue, est implicitement une disqualification de l’interlocuteur. Ce qui est sous-entendu est « Vous ne faites pas votre boulot. J’en sais plus que vous ». D’où l’impression que sous couvert d’aider l’autre, le Sauveteur se valorise à ses dépens, et donc Persécute. Dans ce cas, le rôle de Sauveteur cache, ou révèle, celui de Persécuteur.

Le demandeur peut alors rendre la situation plus complexe, et remettre les choses à leur juste place.

– « Oui, bien sûr, mais je suis déjà passé par là, et vu le niveau de mes dépenses aujourd’hui, si je serre mes budgets un peu plus, il ne restera plus rien ».

La Victime apparente révèle qu’elle a déjà fait le tour du problème, que le Sauveteur n’aura pas un rôle si facile puisqu’en fait, il va peut-être se faire Persécuter par une Victime qui refuse ses options. Ce qui est peut-être dit indirectement au Sauveteur est : « Tu me prends pour un imbécile, je vais te prouver que tu n’y connais rien ».

Et le Jeu stérile peut continuer à se dérouler, avec de nombreuses options de renversements de situation, de chutes, de relances, et de conclusions, sachant qu’en finale, qu’il n’y aura pas de gagnant.

Invariablement, une séquence relationnelle dans le Triangle Dramatique finit mal dans la mesure où aucun des acteurs n’en sort grandi. Même ceux qui s’en sortent avec une position haute, apparemment ou socialement  » gagnante « , paient leur participation par un lourd tribut psychologique et affectif.

 

Le triangle dramatique en public

Certaines personnes participent aux jeux de manipulation seulement en présence d’un public, d’autres exclusivement en privé.

thteheIl est donc quelquefois évident que la présence ou absence de témoins actifs ou passifs a une influence suffisante pour pouvoir, le cas échéant, changer le cours des choses. Par conséquent, le Public a une influence et une responsabilité qui quelquefois s’apparentent au « droit » (Persécuteur?) d’ingérence ou au « devoir » (Sauveteur?) d’assistance de personne en danger

Le public, s’il ne rentre pas dans le Triangle, peut aussi aider à arrêter les frais d’un Jeu de manipulation. Quelquefois, de sortir d’une salle privée pour mettre la relation en public fera en sorte que l’interlocuteur ne trouve plus d’attrait à son rôle. Quelquefois s’éloigner du public et retrouver  » l’intimité  » d’une relation privée permettra aussi de sortir de ce triangle infernal.

 

Et le pervers narcissique ?

Avant de terminer cet article, je veux attirer votre attention sur le cas particulier du manipulateur pervers narcissique.

pervers narcissique

Son histoire se déroule toujours en 3 étapes :

Étape 1 : au début de la relation, le pervers narcissique joue un rôle de sauveur.

Il est attentionné, il vous rassure, vous sécurise, vous fait de belles promesses…

Au besoin, il pourra même prendre un rôle de victime dans le cadre du chantage affectif.

Mais dans tous les cas, il s’agit de rôles temporaires !

Étape 2 : un événement se produit et le pervers narcissique change radicalement son masque, il change de jeu de rôle…

Étape 3 : A partir de là, le pervers narcissique se complait dans un rôle de persécuteur.

Il vous assomme de reproches, de critiques, vous dénigre, vous humilie, vous culpabilise,…

Doucement mais sûrement, le piège se referme, vous êtes déstabilisé, vous culpabilisez de plus en plus, vous devenez dépendante, le pervers narcissique vous isole et vous emprisonne dans un rôle de victime.

Face à un pervers narcissique, vous ne devez en aucun cas jouer un des 3 rôles du triangle de Karpman sinon vous tombez dans une relation de dépendance affective à l’autre qui n’est ni une relation d’amour ni d’amitié.

 

Se sortir du Triangle de Karpman

Les rôles joués dans un tel triangle sont destructeurs, vous conduisent à vous enfermer dans une spirale infernale qui ne vous rendra pas heureux, malgré les quelques bénéfices dont vous croyez pouvoir tirer.

Ainsi, si vous pensez jouer un rôle dans un triangle de Karpman, vous devriez songer à en sortir.

Pour commencer, il faut déjà prendre conscience du rôle que l’on joue et celui des autres personnes autour de nous. Regardez la relation que vous avez avec ceux-ci, pensez à vos émotions et comportements dans la vie de tous les jours, car ce sont toujours les mêmes scénarios qui reviennent inlassablement dans ce Jeu psychologique.

soluceUne solution simple pour se sortir de là c’est de ne pas assumer votre rôle. Pour que le Triangle de Karpman fonctionne il faut une Victime, un Persécuteur, et un Sauveur.

1. Vous avez tendance à vous plaindre ? Vous devez rester acteur de votre vie, responsable et ne pas vous poser en victime et ne jamais attendre des autres qu’ils vous prennent en charge lorsque vous êtes en difficulté.

2. Vous avez tendance à sauver les autres ? Vous devez vous rappeler qu’aider n’est pas sauver, et vous demander lorsque vous avez envie d’intervenir : si la personne que vous aidez vous a fait une demande, si l’effort est partagé ou si vous allez tout faire seul(e), et si vous avez bien défini la limite de cette aide.

3. Vous avez tendance à être agressif ? Vous devez veiller à tempérer votre colère lorsque vous êtes mécontent du travail des autres, du comportement de vos proches, et à communiquer sans être agressif ou trop autoritaire.

Un autre moyen de s’en sortir est de jouer le « miroir », si votre interlocuteur joue la Victime, faites la Victime, s’il joue le Sauveur, faites le Sauveur et s’il joue le Persécuteur, faites le Persécuteur. C’est une bonne façon de bloquer le jeu car vous ne jouez pas le rôle complémentaire.

Par exemple si quelqu’un se plaint à vous de ses difficultés pour que vous le preniez en charge, parlez vous aussi de vos propres malheurs et difficultés en essayant vous aussi de vous faire prendre en charge.

Cela lui enverra le message clair que vous n’êtes pas complémentaire et qu’il devra aller chercher ailleurs son partenaire de Jeu.

Rester bienveillant et factuel, informatif, interrogatif, neutre et professionnel peut aussi signifier que l’on ne se laisse pas prendre. Demandez de clarifier très précisément ce qui est attendu de part et d’autre dans la relation peut aussi aider l’interlocuteur à se « re-saisir » pour répondre aux questions et participer à une discussion plus productive.

Cependant, la meilleure solution à mon sens est déjà de ne pas se prendre dans ce Jeu, en veillant à vous sortir de votre rôle dès que vous le reconnaissez dans une relation quelconque.

Bien entendu, toutes ces stratégies, et d’autres, sont celles qui permettent de sortir de tous les jeux de manipulation. Leur connaissance conceptuelle est déjà un premier pas, leur application pratique nécessite une bonne dose de connaissance de soi et de rodage en situation réelle.

Cette clarté ou connaissance de soi, et la nécessité d’apprendre dans la pratique de la vie quotidienne, sont deux pré-requis utiles pour ne pas tomber dans les « pièges » révélés par la « formule K » que je décrirais dans un autre article.

Alors, quel rôle jouez-vous actuellement ? Que comptez-vous faire pour vous sortir de là ? Dites-nous tout dans les commentaires !

Résumé :

Le choix par un acteur d’un rôle au sein du Triangle Dramatique est réputé répétitif. Les mêmes personnes jouent les mêmes rôles avec le même type de partenaire, pour aboutir aux mêmes conclusions, dans une forme de  » compulsion de répétition  » psychologique.

Ainsi, lorsqu’une personne se dit intérieurement, suite à une relation négative,  » une fois de plus…  » ou  » j’en étais sûr, je le voyais venir…  » ou encore  » c’est toujours pareil… « , il y a de fortes chances qu’elle ait participé à une séquence relationnelle répétitive, caractéristique du Triangle Dramatique.

Le triangle de Karpman : Victime, sauveteur, persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?Une séquence relationnelle dans le Triangle Dramatique tend à confirmer des croyances fondamentales sur soi, sur les autres et sur la vie. Par exemple :  » ce sont tous les mêmes « ,  » il ne faut jamais faire confiance « ,  » je n’y arriverais jamais « ,  » personne ne me comprend « ,  » ce sont tous des incapables « , etc.

Dans tous les cas, comme vous le constatez, si nous jouons des jeux psychologiques, c’est uniquement pour en obtenir certains avantages mais… cela ne mène nulle part !

Il est important que vous en preniez conscience :

      • Les gens qui se plaignent continuellement ne parviennent pas à prendre leur part de responsabilités et sortir de leur situation de victime. Ils deviennent des victimes chroniques ou éternelles.
      • Les gens qui veulent sauver les autres finissent frustrés ou à leur tour persécuteurs.
      • Les gens qui s’en prennent aux autres passent pour des manipulateurs et ils n’auront que des problèmes dans leurs relations avec les autres.

 

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4 commentaires sur “Le triangle de Karpman : Victime, Sauveur, Persécuteur, comment sortir du triangle infernal ?

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