Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentations

Recevoir une critique fait partie de ces situations relationnelles potentiellement explosives dont nous nous passerions bien. Pourtant, recevoir la critique avec grâce et dignité est relativement simple et bénéficie à toutes les parties. 

Parmi les terrains minés de la communication, là où les bombes se parent d’atours irrésistibles : charisme, admiration, amitié, amour, promesses etc. ou impressionnants : hiérarchie, pouvoir, influence… Bref de tous les masques de la comédie humaine et ses jeux de pouvoirs. Recevoir une critique fait partie des exercices les plus redoutés et souvent nous ignorons comment réagir autrement qu’en réglant le différent immédiatement.

Soyons clairs : s’énerver manque de classe, se justifier ou s’excuser version serpillère, c’est pas sexy, essayer de clouer le bec de l’autre a un côté cow-boy de bac à sable assez affligeant, le tout ne résout rien et nous paye un aller simple pour le triangle de Karpman.

Qu’est-ce qui menace le plus l’estime de soi que la critique, celle qui vient d’une autre personne comme celle que nous nous faisons à nous-mêmes.

Le jugement, en plus d’être un obstacle majeur à la communication, est une blessure d’amour-propre difficile à accepter ou à pardonner. Il fait donc développer des moyens pour protéger ce sentiment de sa propre valeur.

On dit que pour bien recevoir une critique, il faut en considérer les aspects positifs. Pourtant, l’idée même du jugement exclut la dimension constructive d’un tel verdict. En d’autres termes, comment un jugement de valeur peut-il être positif ? Une critique comporte un reproche, une censure, un discrédit, ou tout au moins une désapprobation.

Quant à celui qui critique, ne le fait-il que pour notre bien ? N’est-il pas influencé par ses propres besoins, par ses souhaits subjectifs ? 

Il s’agit d’un équilibre difficile : on souhaite recevoir des critiques, mais pas de n’importe qui. Toutefois, j’aimerais vous encourager à considérer non seulement les critiques de ceux qui vous aiment, mais aussi celles de ceux qui ne vous apprécient pas.

La critique n’est jamais agréable et donne envie de réciter l’abécédaire des insultes à celui ou celle qui la formule, et pourtant, elle a aussi son intérêt.

Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentations

Il existe deux sortes de critiques : les utiles et les inutiles. Une critique inutile, c’est celle qui va te dire  « t’es nul ».

Entendre ça, ça te fait une belle jambe et en plus ça fait à peu près autant avancer les choses que de dire : les choux de Bruxelles ça pue. Et encore, je suis persuadée que ma remarque sur les choux de Bruxelles est plus pertinente.

La seule chose que j’ai à dire sur les critiques inutiles, c’est qu’il vaut mieux apprendre à ne pas en tenir compte. D’une part, elles cherchent souvent d’avantage à blesser plutôt qu’à aider, et d’autre part, puisqu’elles ne te servent à rien, mieux vaut ne pas t’en encombrer, tu risquerais de filer un mauvais coton plus qu’autre chose.

 

Critiquer pour mieux vivre ensemble

Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentationsCertaines critiques relèvent de différences culturelles ou de mauvais usages et sont aisées à mettre en pratique.

Mettons qu’un ami fasse preuve d’une courtoisie sélective : comme par hasard, il tient la porte à toutes les filles, et uniquement aux filles… Sauf explication scientifique avérée, tu peux critiquer son comportement et lui demander d’inclure tout le monde ou d’arrêter.

Même si l’exercice lui demandera peut-être un peu de temps d’adaptation, on reste dans le niveau 0 de l’effort et de la difficulté. Et avec la positive attitude et une bonne dose de bienveillance, tout devrait bien se passer.

Dans ce cas-là, la critique est non seulement constructive mais essentielle puisqu’elle permet un ajustement social

La plupart des gens ne savent pas critiquer les autres poliment ou en formulant leur pensée correctement.

Exemple : Certains profs, dont l’objectif est de te guider sur ton chemin de grande personne, sont aussi assassin sur ta copie. La critique peut même passer pour de la méchanceté gratuite. Pour autant, une critique de tes compétences n’est pas dirigée contre toi en tant qu’être humain, même si ça peut en avoir l’air et même si la première est toujours plus dure à digérer, surtout lorsqu’elle vient tardivement.

Le mieux est de prendre du recul pour être capable de passer outre l’émotion. Disons qu’il vaut parfois mieux laisser les choses se tasser un peu pour être capable de passer outre le sentiment d’indignation, d’échec, de culpabilité. N’oublie pas qu’il s’agit simplement de te montrer la voie pour te perfectionner.

Après, il y a les critiques les plus dures à entendre : celles qui portent sur toi, ta personnalité, ton style… bref ce qui fait que tu es toi. Et ce ne sont pas les plus rares, loin de là.

 

Les critiques qui reviennent trop souvent ou qui s’en prennent à toi

Esatto, proprio tu!

Il va aussi y avoir ces critiques qui sont comme le durian. Le durian, c’est un fruit exotique qui pue la mort, l’œuf pourri, le vomi et qui, apparemment, reste bon. Dans mon infinie prudence, je n’ai jamais cherché à vérifier.

Grâce à cette métaphore d’une subtilité toute relative, vous savez maintenant que pour certaines critiques, c’est pareil… y compris si elles portent sur ta personnalité, sur ton style, sur ton comportement.

Pour ma part, on m’a dit toute ma vie que j’étais trop direct dans ma façon de parler.

Maintenant que je sais que c’est un de mes défauts, je comprends tout à fait quand on me le reproche, et à force je ne le prends plus mal. Mon comportement n’a probablement pas changé d’un iota, mais donner la possibilité aux gens de ne pas aimer cette partie de ma personnalité leur permet plus facilement d’en faire abstraction !

Quand tu connais et acceptes tes défauts, personne ne peut plus les retourner contre toiIl est essentiel de s’aimer avec ses défauts.

 

Savoir résister à 2 tentations

Première tentation, l’agressivité et la contre-attaque ne sont pas non plus une solution adéquate :

Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentationsIl est très rare que, spontanément, nous sachions recevoir une critique personnelle, encore moins que nous la considérions comme une occasion d’apprendre quelque chose et sans que cela ne touche notre estime de nous-même. Il est aussi difficile de recevoir une critique que d’être un bon perdant.

Personne n’aime vraiment perdre ni être évalué par autrui. Si, apparemment, le perdant fait bonne figure, si la personne critiquée sauve la face, il n’en va toutefois pas toujours ainsi intérieurement. 

La tentation peut être grande de tout rejeter en bloc, en blâmant l’autre, en l’accusant méchamment et en le blessant sur ses propres faiblesses ou, si ça n’est pas fait directement, en le critiquant dans son dos.

Cette attitude a deux conséquences principales. La première, c’est l’escalade dans l’agressivité. Voilà la relation plus que compromise. En attaquant violemment, l’autre sera incité à comprendre qu’il a visé juste en vous critiquant.

La deuxième conséquence, la frustration peut être intense, de même que le désir de prendre sa revanche ou de contre-attaquer qui sapent l’énergie. Vous gardez sur le coeur votre irritation, la relation est tendue et parfois de façon importante et vous avez un problème de plus sur les bras. Mais est-il possible de faire autrement ?

Mais il y a pire, la deuxième tentation, ce n’est pas nécessairement parce que quelqu’un vous critique ou vous reprend qu’il a raison :

Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentationsAcheter la critique, s’y soumettre, devenir son propre bourreau. Courber l’échine, se sentir coupable, misérable, bref se taper soi-même sur la tête est le pire des châtiments, car on ne peut échapper à soi-même.

Certains vont recevoir une critique en y adhérant tout à fait et ne remettront jamais en question l’opinion de l’autre. Parfois, ils vont jusqu’à se laisser envahir entièrement par un sentiment de non-valeur, se sentant blessés et abattus profondément. Ils n’ont même plus l’énergie suffisante pour remettre en question la remarque de l’autre, ni pour s’en servir pour corriger une attitude ou un comportement.

Notez bien que la réponse à la critique peut-être dite ouvertement à la personne qui critique, mais bien souvent elle est gardée à l’intérieur et répétée mentalement, surtout si la personne qui critique est en position d’autorité. Dans les deux cas, elle a le même effet désastreux sur l’estime de soi.

Le sentiment de tristesse ou d’angoisse domine. À la longue, il peut y avoir un comportement d’isolement, de passivité, de dépression. Les critiques agissent comme des freins. L’estime de soi baisse et aussi l’enthousiasme pour accomplir son travail, ce qui risque d’entraîner d’autres reproches et d’accentuer les malaises.

La critique est peut-être fondée, mais est-elle précise, claire ? Comment l’examiner, accepter ce qui peut nous rendre service et surtout ne pas l’étendre à tout ce que nous sommes ?

 

L’art et la manière de faire des critiques

Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentationsMême une critique à priori constructive peut passer sous ton radar si elle est mal formulée ou formulée par une personne que tu ne peux pas encadrer.

Parmi ces critiques, il peut y avoir des remarques fondées sur un discours stéréotypé, qui se rattachent à une profession, un genre, une origine et ainsi de suite.

On peut penser par exemple au « Tu es trop émotive » que l’on trouve intéressant de balancer à toutes les sauces aux femmes… 

Après, il y a évidemment ces critiques qui ne servent à rien, comme les gens qui vont juger ta coupe de cheveux, ton style vestimentaire, ton rire, la forme de tes yeux, ta manie de manger les petits pois crus et autres idioties.

C’est précisément pour ce cas de figure qu’a été inventée l’expression « les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas ». Dans ce cas précis, pas d’échappatoire, la seule option est de laisser couler.

En tout cas, dis-toi bien que jamais tu ne pourras faire consensus, à moins d’être la dernière personne sur Terre. Il y aura toujours des gens pour te critiquer sur tel ou tel truc, quoi que tu fasses. À la limite, en étant complaisant, tu pourras amasser un peu plus de soutien mais guère plus.

Jamais tu ne pourras faire consensus, il y aura toujours des gens en désaccord avec toi. Parfois les gens ne sont juste pas d’accord, et il faut admettre que l’on n’est pas d’accord et que ce n’est pas forcément grave.

Et oui, il y aura aussi des gens qui ne t’aimeront pas. Pas parce que tu n’es pas une personne bien, digne d’être aimée ou quoi que ce soit du genre, mais juste parce que vous n’êtes pas compatibles.

Le tout est d’essayer de rendre la critique bienveillante pour garder le dialogue ouvert, ou à défaut de ne pas oublier que tu t’adresses à quelqu’un qui a tout autant de conflits internes et de doutes que toi.

En un mot, le mieux est toujours de tenter de déterminer s’il s’agit d’une vraie critique, qui est constructive, ou d’une méchanceté de base avant de t’emballer, ton cardio te remerciera.

Prends le temps de décortiquer ce qu’on te dit, il est aussi possible que la remarque, dans toute sa fourberie, soit à la fois utile ET inutile de par certains aspects. Si jamais tu n’es pas sûr, n’hésite pas à demander des précisions, ou un second avis pour éclairer ta lanterne.

Il est d’ailleurs possible de te prémunir des mauvaises surprises grâce à ton entourage. Prépare-toi une liste honnête de tes défauts, puis demande à tes proches s’ils te trouvent trop ou pas assez « comme-ci ou comme-ça ».

Je ne te dis pas que ce sera agréable, par contre tu pourrais être surpris, entre ce que tu penses être un défaut chez toi et ce qu’il en est réellement. Entends les critiques de tes proches, car eux te veulent du bien et ne chercheront pas à te blesser : tu seras ainsi mieux préparé le jour où une vilaine remarque te tombera sur le poil.

 

A évité : confondre critique et reproche

Faire un reproche ne vise pas à aider l’autre à changer, mais à le mettre en position d’accusé. En se centrant sur ce qui ne va pas, on cherche à lui faire reconnaître qu’il a tort. Pour y parvenir, on joue sur l’émotion, et notamment sur la culpabilité. On ne s’efforce pas de le comprendre ni de le faire progresser, on le blâme.

Recevoir une critique, savoir résister à 2 tentations

Et toi, comment vis-tu la critique ? Fais-nous partager tes expériences dans les commentaires, ça sera utile à d’autres !

Poster Coluche pour Critiquer Les Gens il Faut Les Connaître et pour Les Connaître il Faut Les Aimer

                                                     

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