Parler en public : 10 mauvaises habitudes à bannir

Une habitude, c’est une façon routinière de penser, de ressentir les choses ou de se comporter qui a tendance à survenir de manière inconsciente.

En tant qu’orateur, vous ne serrez pas les poings, vous ne faites pas les cent pas et vous n’évitez pas le contact visuel avec le public de manière consciente alors que cela indiquerait à votre auditoire que vous êtes nerveux et pas sûr de vous.

Pourtant, ces banales mauvaises habitudes surviennent quotidiennement au travail par des orateurs qui sont par ailleurs des professionnels intelligents et accomplis.

Vous devez faire une présentation et cela vous angoisse ?

Voici les 10 principales habitudes que les orateurs devraient éviter à tout prix, leurs possibles conséquences et leurs remèdes.

Parler en public : 10 mauvaises habitudes à bannir


1. Ne pas adapter votre message au public

Comme l’a dit un jour Benjamin Disraeli, « Parlez à quelqu’un de lui-même et il vous écoutera pendant des heures. »

A l’inverse, si vous ne vous adressez  pas au public en parlant de lui, il est plus que probable qu’il ne vous écoutera pas, affirme.

Il est fréquent que les orateurs tombent dans la mauvaise habitude de faire des exposés standards et banals qui ne sont pas adaptés aux besoins de l’auditoire. Le public sait lorsqu’un orateur a fait ses devoirs et sa réaction va de la déception et la frustration à la colère et l’indifférence.

Toutes les bonnes pratiques dépendent de ce principe : sachez à qui vous vous adressez.

Pour éviter cela, posez-vous les questions suivantes :

  • Qui est mon public ?
  • Quelle est la question pertinente ?
  • De quelle manière mon message va les aider ?
  • Que connaissent-ils de mon sujet ?
  • Que vais-je leur demander de faire en réponse à mon message ?

2. Le regard fuyant

Des débutants aux plus confirmés, la majorité des orateurs n’arrivent pas à maintenir un contact visuel significatif et durable avec leur audience.

Inconsciemment, leurs yeux passent rapidement d’une personne à l’autre, virevoltant dans la salle, sans même, en fait, s’arrêter pour regarder les destinataires du message. Un manque de contact visuel implique une série d’affronts : duplicité, désintérêt, détachement, insécurité, dérapage et même arrogance.

Pour établir une connexion visuelle, regardez chaque personne au moins pendant deux ou trois secondes ou assez longtemps pour terminer une phrase entière. Une communication visuelle efficace est la compétence non verbale la plus importante de la boîte à outils d’un orateur.


3. Les tics gênants

Il existe au moins 20 tics courants auxquels on peut s’attaquer, parmi lesquels :

  • Serrer ou tordre les poings,
  • Faire les cent pas,
  • Garder les mains dans les poches,
  • Faire du bruit avec de la monnaie ou des clefs,
  • Manipuler sa bague,
  • Attraper le pupitre,
  • Se passer la langue sur les lèvres,
  • Rectifier sa coiffure ou ses habits,
  • Jouer avec un stylo,
  • Hocher la tête,
  • Mettre les mains dans le dos,
  • Se toucher le visage.
  • Etc…

Une ou plusieurs de ces habitudes peuvent distraire le public et mettre en danger votre crédibilité.

Pour y remédier, vous pouvez vous filmer et ensuite vous regarder. Entraînez-vous souvent afin d’être plus à l’aise et de réduire votre anxiété. Prenez des cours de prise de parole en public ou engagez un professeur pour éliminer vos tics et vous habituer à des mouvement utiles.

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4. Ne pas répéter

La plupart des orateurs compétents se préparent. Ils connaissent le sujet, organisent le contenu, conçoivent un diaporama, lisent leurs notes.

Toutefois, d’après une enquêtes récentes menée sur plus de 5 000 hommes et femmes d’affaires des 100 entreprises classées par le magazine Fortune, moins de 2% d’entre eux effectuent une répétition générale et à voix haute.

Ces mauvaises habitudes aboutissent à ce que le public assiste à un passage en revue inélégant alors qu’ils auraient pu obtenir la plus raffinée des représentations.

Afin d’optimiser la perception qu’il peut avoir de vous et que vous obteniez le résultat souhaité, faites votre exposé au moins une fois à voix haute et, en ce qui concerne le début et la fin, entraînez-vous au moins trois fois.


5. Manquer d’énergie

Détenteur du Guinness World Record pour le nombre de représentations dans le même spectacle de Broadway, George Lee Andrews est célèbre pour avoir joué le rôle de Monsieur André dans le Fantôme de l’Opéra. Il est certain qu’il a dû se sentir fatigué lors d’au moins une ou deux représentations sur les 9 382 qu’il a effectuées, mais il ne l’a pas montré puisque son contrat a été renouvelé 45 fois sur 23 ans.

L’enthousiasme, défini comme un plaisir avide et un grand intérêt, est ce que le public souhaite le plus chez un orateur. Inversement, un exposé ennuyeux, appuyé par une voix basse et monotone, des expressions faciales ternes et une léthargie générale sont les traits les plus détestés chez un orateur.

Pour éviter de perdre le public en une fraction de seconde, repoussez les limites de votre énergie. Parlez de manière expressive, souriez avec sincérité, bougez naturellement et profitez de l’instant.


6. Le déversement de données

C’est un comportement compréhensible. Après tout, lorsqu’on prend la parole, notre crédibilité est en jeu. Donc, pour être sûr, nous nous concentrons presque totalement sur ce qu’Aristote appelle le logos, qui concerne les fonctions de logique de l’hémisphère gauche du cerveau : le langage, l’analyse, le raisonnement, la pensée critique et les chiffres.

Lorsqu’on fait trop confiance à ce genre de contenu, on finit par parler trop longtemps, à lire trop de diapositives surchargées et indéchiffrables et à tourner le dos à l’élément le plus important : le public.

Abandonnez l’habitude du déversement de données. Vous perdez le public et cela déstabilise votre capacité naturelle à motiver, connecter et persuader.


7. Ne pas susciter l’inspiration

De nombreuses études montrent que les êtres humains prennent des décisions basées d’abord sur les émotions (pathos). Ensuite, ils cherchent les faits et les chiffres pour les justifier (logos).

D’après Aristote, le pathos est plus vital pour la persuasion que le logos. Il fait intervenir les activités émotionnelles de la partie droite du cerveau : les images, les histoires, les exemples, l’empathie, l’humeur, l’imagination, la couleur, les sons, le toucher et les bonnes relations.

Un exposé intéressant parle à la tête et au cœur, fait appel aux faits et aux sentiments.

Les membres du public font de même. Avec les mots, les actes et le visuel, il faut d’abord chercher à insuffler en eux une émotion (la joie, la surprise, l’espoir, l’enthousiasme, l’amour, l’empathie, la vulnérabilité, la tristesse, la peur, l’envie, la culpabilité).

Ensuite, donnez une analyse pour justifier l’émotion. Un exposé intéressant, marquant et persuasif s’équilibre à la fois par l’information et l’inspiration.

Il parle à la tête et au cœur, fait appel aux faits et aux sentiments.Parler en public : 10 mauvaises habitudes à bannir


8. Manquer de pauses

Beaucoup d’orateurs ont pour mauvaise habitude de se précipiter. Comme un train express, ils se dépêchent de manière incontrôlée et sont incapables de s’arrêter dans les moments critiques.

C’est souvent dû à l’anxiété, à l’adrénaline ou aux contraintes de temps.

Quelle que soit la raison, il y a trois moments pendant lesquels vous devrez assurément faire une pause : avant et après avoir dit quelque chose de très important dont vous voulez que le public se souvienne, avant et après le passage d’un point clé à un autre et entre le début, le milieu et la fin de votre exposé.

Lorsque vous utiliserez le silence comme un outil rhétorique de manière consciente, vous deviendrez plus confiant.

Votre message aura plus d’impact et votre public retiendra plus ce que vous avez dit.


9. Ne pas avoir un discours d’ouverture percutant

D’après Platon, le début est la partie la plus importante du travail.

Pourtant, c’est une mauvaise habitude courante qu’ont les orateurs de gâcher ces précieuses secondes de démarrage en radotant pour rien, en racontant une blague, en lisant un ordre du jour, en s’excusant inutilement, tout cela contribuant à ne pas attirer l’attention du public et ne pas le motiver pour écouter.

Vous, votre message et votre public méritent beaucoup plus.

Faites un discours d’ouverture percutant. Investissez dans la pensée, le temps et l’effort pour créer et mémoriser « la partie la plus importante du travail ».

Par exemple, racontez une histoire pertinente et intéressante, présentez une statistique étonnante ou posez une question qui suscite la réflexion.

Parler en public : 10 mauvaises habitudes à bannir


10. Terminer avec des questions-réponses

Il y a de grandes chances pour que vous ayez entendu un orateur terminer une présentation par ailleurs efficace par un abrupt « Voilà, avez-vous des questions ? ».

Pour le public, c’est un feu d’artifice.

Le bouquet final est votre dernière chance de renforcer vos points clé, d’assurer l’élégance mémorable de votre message et de motiver le public pour être acteur. Evitez la mauvaise habitude de terminer sur un série de questions-réponses qui risque de clôturer votre présentation sur un sujet de détail.

C’est bien d’inviter le public à faire des commentaires et à poser des questions. Toutefois, soyez sûrs de terminer en position de force.

Créez une fin qui se terminera en 3 parties efficaces dans lesquelles vous exposerez un résumé fort. Ayez pour habitude de dire en dernier ce que vous voulez que le public retienne le plus.


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